C’est quoi le bonheur?

Comme je commence un blog sur le bonheur, fût-il sur le bonheur autrement, cela me semble une bonne chose de donner dans ce deuxième billet une définition de ce concept! Et même plusieurs…

Vous avez sans doute quelques idées sur ce qu’est le bonheur, car vous pouvez en faire l’expérience. Ces idées, c’est ce qu’on appelle une théorie implicite.

Les théories implicites sont un sujet d’étude important pour les chercheurs (en tout cas, pour certains qui s’en sont fait une spécialité). Elles permettent de donner des idées de recherche. Elles permettent aussi d’entrer dans vos têtes pour comprendre comment vous pensez et pourquoi parfois vous avez de bonnes anticipations sur votre bonheur futur… et parfois non.

Elles sont importantes, mais elles ont un gros inconvénient. Derrière le mot tout simple de bonheur, il y a un concept extrêmement difficile à expliquer. Et les chercheurs, parce qu’ils ont du temps, de la rigueur et des méthodes, vont plus loin dans la compréhension de ce concept que les autres mortels ou en tout cas essaient.

Alors que disent les chercheurs? Et bien vous allez voir que ça part un peu dans tous les sens. C’est normal, c’est de la recherche en sciences sociales.

Diener et avant lui Andrews et Whitey développent le modèle du bien-être subjectif. Dans ce modèle, il y a deux pôles, un pôle émotionnel qui comprend les émotions positives et négatives et un pôle cognitif – évaluatif – qui comprend la satisfaction de vie et pour certains chercheurs la satisfaction par domaine (travail, loisir, famille, etc.).

Ryff développe le modèle du bien-être psychologique et considère qu’il y a six dimensions à prendre en compte pour parle de bonheur: autonomie, maîtrise de l’environnement, relation positives avec les autres, sens à la vie, acceptation de soi et croissance personnelle.

Seligman est mondialement connu comme l’initiateur du mouvement de la psychologie positive qui peut être définie comme le champ qui étudie le meilleur de l’être humain avec les meilleurs outils scientifiques (pour une présentation détaillée de ce domaine, je vous renvoie à mon livre « La psychologie positive ou l’étude scientifique du meilleur de nous-même » chez L’Harmattan (2010))

Il a aussi développé un modèle qu’il a appelé PERMA. P pour « positive emotions ». E pour « engagement ». R pour « positive relationships ». M pour « meaning ». A pour « accomplishment/achievement ». Pour Seligman, le bonheur a donc cinq dimensions: les émotions positives, l’engagement, les relations positives avec les autres, le sens et l’accomplissement.

Personnellement, le modèle que je préfère est celui de Kahneman, le modèle du bonheur objectif. Dans ce modèle, on prend une période et, sur cette période, le bonheur est la moyenne des émotions vécues à chaque moment.

En fait, Kahneman reprend Bentham, un philosophe anglais du 18ème siècle qui fut déjà repris notamment par l’économiste Edgeworth au 19ème siècle. Ce qui est nouveau chez Kahneman est qu’il justifie cette reprise à l’aide d’études expérimentales et qu’il propose de nouveaux concepts pour mieux comprendre le bonheur comme la différence entre le bonheur tel qu’on le vit et le bonheur tel qu’on s’en souvient (Kahneman utilise le concept d’utilité plutôt que celui de bonheur d’ailleurs, l’utilité étant un concept d’économiste).

Au fait, avant que j’en parle dans ce billet, saviez-vous qu’il y a des différences entre le bonheur tel que vous le vivez et le bonheur tel que vous vous en souvenez? Cette idée est peu diffusée aujourd’hui. Mais dans quelques années, cela sera peut-être entré dans les théories implicites de beaucoup de monde. J’en profite pour le faire remarquer et faire remarquer à travers ça la force de l’approche scientifique, car c’est grâce à la recherche que de telles idées peuvent être prouvée et se retrouver ensuite dans les théories implicites de chacun d’entre nous.

C’est tout pour aujourd’hui. I’ll be back.

Renaud Gaucher

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7 réflexions sur “C’est quoi le bonheur?

  1. Bonjour Renaud,

    Bel article. J’aime aussi la définition du bonheur de Tal Ben-Shahar: la sensation globale de plaisir chargé de sens. Avec une notion de bien-être dans le présent (le plaisir) et dans le futur (le sens).

    Nous nous intéressons au même sujet, donc au plaisir d’échanger.

    Simon

    J'aime

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